+En-tête: Il contient le logo de l'ENA, le numéro du bulletin et sa date de diffusion.
+Résumé succinct (flash): Quelques mots clés résument l'essentiel de la situation présumée.
+Généralités: La situation nivo-météorologique y est décrite en quelques phrases. Cet alinéa renseigne sur l'intensité des précipitations mesurées, sur les vents et les températures qui déterminent la situation; ces indications sont au besoin classifiées par région. L'état du manteau neigeux (constitution, stratification, résistance) y est également décrit. En cas de nécessité, l'activité avalancheuse y est énoncée.
+Évolution à court terme: Il s'agit de l'évolution des conditions prépondérantes quant à l'activité avalancheuse des prochaines 24 heures. L'analyse est fondée sur les prévisions du temps et sur l'état du manteau neigeux. La prévision des chutes de neige, l'évolution des températures, l'ensoleillement, le rayonnement et les régimes de vent constituent les principaux éléments de cet alinéa. Dans la mesure du possible, les particularités et les variations régionales y sont également mentionnées.
+Prévision du danger d'avalanche pour le lendemain: Ce paragraphe est l'élément central du bulletin d'avalanches. Il est subdivisé en fonction des degrés de danger existant dans les diverses régions, à savoir un danger "faible", "limité", "marqué", "fort" ou "très fort", conformément à la terminologie de l'échelle européenne de danger d'avalanche. Ces adjectifs s'accompagnent des expressions "danger d'avalanche" ou "danger d'avalanche de neige humide". Les régions soumises au même danger sont regroupées dans une même catégorie. La première catégorie mentionne les régions exposées au danger le plus fort. A la fin de chaque subdivision sont énoncées les altitudes, les parties de terrain et les expositions de pentes particulièrement critiques. Un seul degré de danger est attribué à telle ou telle région ou sous-région, qui sera subdivisée en fonction de l'altitude en cas ce nécessité. Des expressions telles que "autres régions" ou "le reste des régions" sont évitées dans toute la mesure du possible. On peut au besoin mettre en évidence les points particulièrement importants pour les différents groupes d'utilisateurs. S'il y a lieu d'établir une distinction entre divers types d'avalanches, par exemple lorsqu'il faut s'attendre à la fois à des avalanches de neige sèche et à des avalanches de neige humide, une remarque figure à la fin de cette rubrique.
+Tendance pour les jours suivants: La tendance probable du danger d'avalanche y est décrite brièvement. Le pronostic est fondé sur les prévisions du temps à moyen terme.
Exemple de bulletin national Suisse ici avec une carte sur la prévision du danger d'avalanche ici.
2/Au niveau régional
Les bulletins d'avalanche régionaux sont fondés sur l'appréciation actualisée des dangers de la veille au soir. Ils ont pour but de concentrer l'information sur le danger d'avalanche à l'échelle locale et temporelle. Ils sont uniformes, principalement structurés en graphiques et valables pour la journée présente. Comme leur nom le dit, il existe un bulletin pour chacune des régions (soit actuellement six bulletins régionaux). Il s'adresse surtout aux skieurs hors pistes et aux freeriders. Si les conditions sont particulières ou que le degré de danger est élevé, les besoins des communes et des services du génie civil sont également pris en considération. Les bulletins d'avalanche régionaux sont publiés le matin à huit heures dans la langue parlée dans la région (français ou allemand).
Il commence par un texte succinct qui résume l'essentiel de la situation présente ou indique le comportement à adopter sur le terrain. Ensuite, une carte régionale présente le danger d'avalanche, classifié par degrés, ainsi qu'un graphique des altitudes et expositions auxquelles il se rapporte. Les hachures ou les couleurs figurant sur cette carte sont identiques à celles de la carte des dangers accompagnant le bulletin d'avalanches national. Ensuite, quelques pictogrammes présentent brièvement l'évolution de la météo. A la fin de ce bulletin figure un tableau de différentes valeurs mesurées (hauteur de neige, température, vent) dans quelques stations de mesures automatiques.
Exemple de bulletin régional :

La méthode Munter
La méthode Munter permet au skieur novice comme expérimenté d'optimiser la préparation et la conduite d'une sortie afin de décider d'y aller ou pas. Cet outil ne fait pas appel à de grandes connaissances. Il est utilisé en Suisse depuis une douzaine d'années par les écoles de guides et le Club alpin.
Werner Munter a mis au point une stratégie dont l'objectif est pour le skieur de réduire la probabilité d'être pris dans une avalanche, alors que la science et les montagnards les plus expérimentés restent impuissants dans l'évaluation précise de la stabilité d'une pente.
La « méthode Munter » repose sur deux démarches simples qui se complètent afin d'aboutir à une décision de type oui ou non (j'y vais ou je change d'itinéraire). Dans un premier temps, il s'agit d'évaluer puis ensuite de décider. L'évaluation est réalisée à l'aide de la formule 3 x 3. La décision finale est prise grâce à la méthode de réduction. L'objectif de la « méthode Munter » est d'être capable de prendre de manière autonome, dans des conditions à risques et dans un laps de temps réduit, une décision dont l'enjeu peut être vital alors qu'on ne dispose que «d'informations incertaines, lacunaires et contradictoires». À portée de tous, sa méthode ne nécessite pas de connaissances approfondies en nivologie.
La méthode 3x3
Avec la formule 3 x 3, le chercheur a formalisé les questions que tout skieur-alpiniste se pose (ou devrait se poser ) à la maison en préparant sa course, en arrivant sur le terrain et enfin devant une pente face à laquelle il doit prendre une décision. Cette formule fonctionne comme un aide-mémoire dont l'objectif est d'optimiser la préparation et la conduite d'une course.
Elle se compose de trois critères (les conditions, le terrain et le facteur humain) lesquels s'appliquent à trois niveaux géographiques (régional, local, zonal).Il s'agit d'apprécier le danger d'avalanche en trois phases afin d'établir un diagnostic global aboutissant à un résultat de type oui (je peux y aller) ou non (je renonce). Au cours de cette phase, Munter précise que « l'impression subjective et l'intuition peuvent également entrer en ligne de compte » notamment au niveau local et zonal. À chaque niveau géographique, le skieur doit se demander si les conditions nivologiques, la nature du terrain et le niveau du groupe permettent d'envisager la course. Si la formule 3 x 3 ou "les triples disent NON, il s'agit d'un NON définitif". Si la réponse est oui, il faut valider ce résultat à l'aide de la méthode de réduction (voir « la méthode de réduction » ci-aprés). La formule 3 x 3 est représentée à l'aide du schéma suivant :

Vue globalement, la Méthode 3x3 nous propose une matrice de 9 cases, déterminées chacune par un filtre et un facteur:
Ce schéma fonctionne comme une succession d'éléments à recueillir et à analyser en passant progressivement de critères grossiers vers des critères de plus en plus fins. Cette démarche tolère d'éventuelles erreurs. On peut contrôler en cours de route les informations, les prévisions et les suppositions faites à la maison et modifier au fur et à mesure du cheminement le résultat final (oui ou non). À ce titre, cette formule invite le skieur à s'interroger en permanence sur le niveau de risques et à remettre en cause ses premières impressions dès qu'il obtient des informations nouvelles.
La méthode de réduction professionelle
La méthode de réduction de Werner Munter permet d’évaluer le danger d’avalanches à l’aide de données chiffrées, par simple calcul. Munter tire ces chiffres de sa longue expérience de la montagne, d’observations, de mesures innombrables et de l’analyse des statistiques des accidents dus à des avalanches.
Pour évaluer le danger d’avalanches d’une pente enneigée à l’aide de la méthode de réduction, il faut d’abord compléter le schéma ci dessous. Le point de départ de l’utilisation de la méthode est le risque indiqué par le bulletin d’avalanches.Sur l’échelle européenne, les critères Faible, Limité, Marqué, Fort sont attribués les chiffres 2, 4, 8, 16. Ces chiffres seront divisés par ce que l’inventeur de la méthode a appelé des facteurs de réduction. Ces facteurs sont les recommandations d’éviter certains endroits et les attitudes à adopter qui permettent de réduire les risques. Il s’agira, par exemple, de l’inclinaison de la pente et de l’exposition du tracé ou de maintenir une distance de délestage entre les randonneurs. Si cette division a pour résultat un chiffre inférieur ou égal à 1, la montée et la descente peuvent être envisagées en toute responsabilité.

RÈGLES D'UTILISATION :
· Par danger FAIBLE, on peut choisir n'importe quel facteur de réduction car un seul permet de rendre le risque acceptable.
· Par danger LIMITE, on choisit librement deux facteurs de réduction.
· Par danger MARQUÉ, il faut choisir un facteur de première classe, un facteur de deuxième classe et un facteur de troisième classe.
· Si par danger MARQUÉ aucun facteur de deuxième classe n'est applicable (neige mouillée ou secteur nord sans traces), il faut rester en dessous de 35° et respecter des distances de délestage.
· Par danger FORT, se limiter aux pentes dans lesquelles on peut monter sans conversion (moins de 30°).
PRÉCAUTION SUR L'UTILISATION DE LA MÉTHODE DE RÉDUCTION:
· Si la quantité critique de neige fraîche est atteinte, le facteur de réduction 4 « renoncer aux pentes et aux altitudes décrites comme critique par le bulletin des avalanches » ne peut plus être utilisé.
· A l'écoute du bulletin nivologique, ne prendre en compte que la pente dont le degré de danger est le moins favorable dans l'évaluation du potentiel de danger. (Si le danger est marqué en nord et limité en sud, on retient marqué, coef. 8).
· La méthode de réduction doit être appliquée en complément de la formule 3 x 3. Ne jamais se contenter de la méthode de réduction pour prendre une décision.
· La méthode de réduction n'est pour l'instant applicable que dans les Alpes.
· Souvent parcouru signifie : traces nombreuses et visibles après chaque chute de neige y compris dans les zones potentielles de rupture.
· Les petits couloirs et les dépressions ont plusieurs expositions (exemple : un couloir ouest bordé par des pentes nord). La partie la plus raide d'un couloir ne se situe pas dans l'axe mais sur ses parois latérales.
· Attention aux pentes présentant un profil en forme de S quand on mesure l'inclinaison sur la carte. Certaines portions peuvent être nettement plus raides sur le terrain.
Exemples
1) Par risque 3 (marqué), deux skieurs traversent une pente orientée nord à 36° en se suivant. Risque 3 = coef. 8 divisé par 2 x 2 (la partie la plus raide de la pente est comprise entre 35° et 39°) x (petit groupe sans distance). Cela donne un risque résiduel de 2. Conclusion, je renonce à cette pente et je cherche un autre itinéraire.
2) Par risque 3, deux skieurs délaissent le secteur nord et choisissent de traverser une pente orientée ONO inclinée à 36°. Risque 3 = coef. 8 divisé par 2 x 2 x 2. Cela donne un risque résiduel de 1. Conclusion, je peux y aller si mon diagnostic local réalisé à l'aide de la formule 3 x 3 était déjà positif !